Ce texte est extrait du site www.editions-humanis.com

L’autoédition

Papier ou numérique, d’excellentes solutions existent pour se passer d’un éditeur.

Qu’attendre de l’autoédition ?

Commençons par une remarque : si vous vous autoéditez vous ne vendrez probablement qu’un très faible nombre d’exemplaires de votre livre. Cela est encore plus vrai pour l’édition papier que pour l’édition numérique.

Le seul moyen pour réaliser des ventes correctes en autoéditant un livre-papier est de veiller activement à sa promotion, en tentant de le distribuer dans les librairies qui l’accepteront (elles sont, hélas, assez rares) et surtout, en le vendant au cours de séances de dédicaces ou dans des cercles privés. Vous pourrez alors espérer écouler quelques centaines d’exemplaires.

Si votre talent est immense, il n’est pas exclu que votre livre fasse malgré tout la rencontre de journalistes ou d’un éditeur qui vous proposent d’élargir sa distribution. Mais à moins de bénéficier de cette chance, il est pratiquement exclu de faire un best-seller par ce biais.

L’autoédition numérique offre davantage de chances de toucher un large public. Si votre livre est bon et correspond à un genre littéraire recherché par le public, tous les espoirs sont permis.

Dans tous les cas, L’autoédition reste une façon d’aller au bout de sa démarche d’auteur en publiant son livre.

La préparation

Dans le cas d’une autoédition, vous contrôlez le processus de publication de A à Z (excepté l’impression proprement dite). Tout contrôler peut être intéressant, mais implique aussi beaucoup de travail et de responsabilités !

Typographie, orthographe et grammaire

À moins d’être un champion de l’orthographe, vous aurez besoin de deux types d’aides : un logiciel de correction et des relecteurs qui gommeront les dernières erreurs.

Antidode est le logiciel qui est le plus souvent cité pour les corrections en langue française. Il est nettement plus performant que le correcteur intégré de Microsoft Word et devrait vous permettre d’éliminer la plus grande partie de vos fautes et coquilles. C’est un logiciel payant, mais on n’a rien sans rien !

Si vous êtes patient(e), vous pouvez également faire appel au correcteur en ligne BonPatron.

Certaines tournures de la langue française sont toutefois trop complexes pour être traitées de façon automatique. Seules plusieurs corrections humaines successives pourront vous garantir un résultat de qualité.

Les règles typographiques peuvent varier d’un pays à l’autre. En France, par exemple, on doit faire figurer une espace insécable avant le point d’interrogation (on dit « une espace » lorsqu’il s’agit de typographie), alors qu’au Canada et dans les pays anglo-saxons, le point d’interrogation est collé au mot qui le précède. Il vous faudra donc également creuser ces questions pour donner une bonne présentation à votre livre.

De notre point de vue, il est inconcevable de publier un manuscrit qui n’a pas fait l’objet d’une correction orthographique et grammaticale de qualité. Cela témoigne d’un non-respect du lecteur et donnera une image déplorable de vous. Cela ne veut pas dire que nos propres publications sont totalement exemptes de « coquilles », car il en reste toujours, quoi que l’on fasse. Cela veut dire que cet aspect de l’édition revêt une très grande importance. « Autoéditeur » veut d’abord dire « éditeur ». Essayez d’être sérieux dans votre démarche, sous peine de basculer sous l’avalanche de critiques qui vous attendent au tournant, si vous prenez la qualité de la forme avec trop de légèreté. Notre page « Liens utiles » vous propose une liste de prestataires.

Relecture, qualité du style et de la construction

Vous comptez publier votre livre ? Alors, commencez à le partager tout de suite ! Faites-le lire à toutes les personnes de votre entourage qui accepteront de vous aider. Encouragez-les à vous exprimer franchement ce qu’elles en pensent, et sachez prendre vos distances par rapport à leurs avis. Gérer une ou deux opinions sur votre livre est assez difficile. En gérer dix ou vingt sera beaucoup plus facile, parce que vous pourrez commencer à dégager les grandes lignes communes aux opinions de chacun. Notre page Vive les bêta-lecteurs explique comment tirer le meilleur parti de cette forme d’aide.

Le cas échéant, et si vous pouvez vous le permettre, passez par un professionnel qui vous donnera un avis bien plus précis et détaillé que ne le ferait un amateur. Notre page « Liens utiles » vous propose une liste de prestataires.

Mise en page

Pour l’édition papier, la mise en page visera surtout à donner à votre livre une esthétique soignée qui mettra votre texte (et vos illustrations) en valeur.

Pour l’édition numérique, la mise en page visera surtout à rendre votre livre lisible et pratique à consulter. Si vous ne comprenez pas en quoi l’édition numérique introduit de nouvelles règles, je vous invite à lire Casser la page sur M Blogs.

La mise en page destinée à l’édition numérique demande de solides compétences techniques, car les formats de données peuvent varier d’une plate-forme de distribution à une autre. Les trois formats principaux sont :

Chacun de ces formats comporte des particularités et impose ses propres contraintes. Vous ne produirez pas un livre numérique de qualité sans avoir longuement fourré votre nez dans ces questions, mais vous pourrez aller à l’essentiel en utilisant l’outil gratuit de conversion Calibre, qui fait un excellent travail tout en restant simple d’utilisation.

Si vous souhaitez sous-traiter la mise en page pour générer un livre imprimé ou un pdf, vous pouvez examiner les propositions de autre-talents.fr qui propose des tarifs assez raisonnables pour ce travail.

Mais si votre mise en page de base est correcte, vous pouvez simplement utiliser OpenOffice (logiciel gratuit). La fonction « Exporter au format PDF » proposée dans le menu « Fichier » peut générer votre fichier final. Une autre option consiste à installer (gratuitement) PDFCreator qui vous permet de produire un fichier pdf à partir de n’importe quel logiciel.

Titre, couverture et quatrième de couverture (synopsis)

La conception d’une bonne couverture de livre demande à fois un talent de graphiste et de bonnes compétences marketing. Ici encore, il existe de très grandes différences entre le livre imprimé et le livre numérique. Une couverture imprimée s’affiche en taille réelle et peut proposer un nombre important d’informations et/ou une image complexe. La couverture d’un livre numérique est le plus souvent affichée dans une vignette et doit avoir un impact graphique et émotionnel très puissant pour parvenir à frapper le lecteur dans un aussi petit format.

La qualité de la couverture est un paramètre absolument essentiel pour les ventes du livre. Le synopsis (texte bref qui résume le livre et donne envie de l’acheter) est également une condition majeure de réussite. On considère souvent que ces deux éléments, associés au choix du titre, déterminent au moins 50 % des ventes du livre. Si vous vous chargez vous-même de les élaborer, vous ne pourrez donc pas faire l’économie d’une longue étude de ces questions.

Inspirez-vous des livres concurrents du vôtre. Regardez les couvertures et résumés des livres proposés par Amazon, le site de la Fnac et Immateriel.fr.

Si nécessaire, n’héitez pas à faire appel à un concepteur de couverture qui connaît son métier. Nous vous recommandons David Forrest (kouverture) dont nous admirons le travail, et qui pratique des tarifs tout à fait raisonnables.

Les règles qui régissent la conception d’une bonne couverture peuvent varier très fortement d’un pays à l’autre. Prenez garde de ne pas reprendre sans réfléchir, un concept trouvé sur un site anglo-saxon : sa réussite en territoire francophone n’est pas du tout assurée.

Voici quelques règles de base :


À lire absolument en complément ->
Le livre est-un un produit ?

L’autoédition d’un livre-papier

De très nombreux imprimeurs (notamment des imprimeurs en ligne) sont capables de réaliser de faibles tirages à un coût raisonnable. Il n’en demeure pas moins que vous devrez investir entre 200 et 2 000 euros avant de commencer à faire vos premières ventes.

Cette voie reste incontournable si vous ne maîtrisez pas parfaitement les techniques de mise en page et de conception de couverture. Un livre mal réalisé desservira son contenu. Si vous pensez avoir besoin d’aide, je vous conseille Jardin Secret, une petite société qui saura vous guider pas à pas depuis la correction jusqu’à l’impression, à moindre coût.

Mais si vous pensez maîtriser l’ensemble des techniques nécessaires, le plus intéressant est de passer par les sociétés CreateSpace (interface en anglais), filiale d’Amazon, ou Lulu.com (interface en français), pour faire imprimer vos livres et les mettre en vente sur la plate-forme Amazon. Le prix minimum de cette opération est de zéro. Oui, vous avez bien lu : ces structures vous permettent de mettre en vente votre livre imprimé pour zéro dollar (ce qui ne fait pas beaucoup plus cher, une fois converti en euro).

Elles réussissent cette incroyable performance aux conditions suivantes :

Certains de nos livres qui se vendent très bien en numérique ne réalisent que des ventes anecdotiques en distribution papier par Amazon. À l’inverse, certains autres se vendent autant dans les deux formats (avec une marge plus intéressante pour la version papier). Il s’agit au final de deux marchés différents qui n’attirent pas forcément le même public.

Quoi qu’il en soit, cette solution ne vous interdit pas de vendre vos livres pas d’autres canaux qu’Amazon : en tant qu’auteur du livre, vous avez la possibilité de commander à ces sociétés des exemplaires de votre création à un prix tout à fait compétitif. Vous pouvez ainsi vous constituer votre propre stock (sans la moindre contrainte de quantité) et distribuer votre livre auprès des libraires de votre région ou dans des cercles privés.

Par de nombreux aspects, cette option me semble donc la plus intéressante dans le cadre de l’autoédition d’un livre-papier.

CreateSpace et Lulu.com se chargent d’attribuer un n° ISBN à votre livre et de générer le code-barres correspondant qui sera automatiquement appliqué sur le dos de votre couverture.

Si vous décidez de choisir une autre option, vous devrez attribuer vous-même un n° ISBN à votre livre. Pour obtenir ce code ISBN, vous devrez remplir un formulaire que vous obtiendrez sur le site de l’Afnil et que vous devrez renvoyer par courrier ou par mail. Il vous faudra attendre trois semaines pour obtenir votre code. Vous pourrez ensuite générer votre code-barres en utilisant le service en ligne de autres-talents, ou en téléchargeant l’utilitaire gratuit CBG.

L’autoédition aux formats numériques

Nous allons passer en revue les principaux canaux de diffusion. Avant de vous précipiter sur l’un d’eux, prenez le temps de lire ce que propose immateriel, car cet agrégateur est vraiment intéressant. L’inscription n’est pas aussi simple que sur Amazon ou Kobo, mais une fois cette étape franchie, le service proposé est excellent.

Amazon

Rendez-vous sur Kindle Direct Publishing, créez un compte à votre nom. Une fois cette étape franchie, cliquez sur l’onglet bibliothèque et ajoutez votre titre. Si toutes les étapes que nous décrivons dans la section « Préparation » étaient déjà réalisées, l’opération ne vous aura pris qu’un quart d’heure.

Kobo

Rendez-vous sur KoboWritingLife et créez un compte à votre nom. Comme pour Amazon, l’opération est simple et ne prend que peu de temps.

Apple

Je ne pouvais pas omettre ce chapitre sur Apple car c’est probablement le canal de distribution le plus important avant Amazon. Cela dit, Apple n’a visiblement rien compris au potentiel que représente le marché des autoéditeurs. La procédure permettant de diffuser ses livres via cette plate-forme est incroyablement complexe et tortueuse. Pour ma part, j’y ai renoncé et j’ai choisi de passer par immateriel.fr qui, pour un coût de 10 % de vos gains, assure la diffusion sur la plate-forme d’Apple, mais aussi sur celle de la Fnac et d’autres encore. Si vous souhaitez néanmoins gérer ce canal de diffusion par vous-même, je vous invite à consulter le blog de Thierry Crouzet qui décrit avec beaucoup de clarté et de générosité son parcours du combattant.

Immateriel

Voilà un petit qui a trouvé un bon créneau et qui ne devrait pas tarder à devenir très grand. Lorsque vous confiez votre livre à Immateriel, vous obtenez sa distribution sur les plates-formes suivantes : Fnac.com, Apple, Dilicom, Rue du commerce, Feedbooks, Bookeen, 1001libraires.com, ZEBOOK, Librairie Dialogues, Abebooks, Vita Cogita, YouScribe, librairie.immateriel.fr, Amazon Kindle, Kobo, Orange, et d’autres encore (la liste s’allonge régulièrement).

Comme vous le constatez, cette liste inclut même Amazon, ce qui signifie que vous pouvez limiter vos efforts à la seule publication via Immateriel. Il vous en coûtera tout de même 10 % du prix de vente de votre livre. Étant donné que la publication sur Amazon est extrêmement simple à mettre en œuvre et qu’elle représente une part importante des ventes, il peut sembler intéressant de faire les deux en parallèle. Mais en réalité, Amazon ajoute sans cesse des frais divers et variés au pourcentage qu’ils prélèvent lorsque vous travaillez en direct avec eux (alors qu’ils s’en tiennent à un pourcentage fixe de 30 % quand vous publiez par l’intermédiaire d’Immateriel), si bien que vous ne gagnerez pas moins (et parfois plus) en passant par Immateriel.

Par ailleurs, l’inscription sur Immateriel vous oblige à présenter un code ISBN pour votre livre, ce qui complique un peu la procédure (tout du moins pour votre premier livre). Pour obtenir ce code ISBN, vous devrez remplir un formulaire que vous obtiendrez sur le site de l’Afnil et que vous devrez renvoyer par courrier ou par mail. Il vous faudra attendre trois semaines pour obtenir votre code et vous pourrez alors vous enregistrer en tant qu’éditeur auprès d’Immateriel.

SmashWords

SmashWords propose un service de diffusion du même type que celui d’Immateriel. Mais comme il s’agit d’une société américaine, l’interface est en anglais et les plates-formes de distribution ne sont pas exactement les mêmes. Nous n’avons pas testé ce diffuseur sur lequel nous ne pouvons donc pas vous fournir plus de détail, mais il s’agit d’un acteur important du circuit des livres numériques et nous nous devions de l’évoquer.

L’autoédition sur le Web

Trop peu d’auteurs envisagent la solution de s’éditer en réalisant simplement un blog ou un site Web. Certaines formes d’écriture se prêtent pourtant très bien à ce type de présentation facile à mettre en œuvre et qui peut vous permettre de mesurer l’intérêt que vos écrits représentent pour le public. Un blog permet d’obtenir des commentaires en très grand nombre sur ses textes, et s’ils ne sont pas tous pertinents, ils donnent des idées assez précises de la façon dont les lecteurs perçoivent votre création. Un bon texte publié sous la forme d’un blog vous permettra de glaner un nombre de visiteurs non négligeable sur la toile. À titre d’exemple, mon site theatrons.com qui constitue une sorte d’essai sur le théâtre, attire entre 500 et 1000 visiteurs/jour. C’est largement suffisant pour dégager un petit revenu publicitaire (en y affichant, par exemple, des publicités Adsense) qui sera souvent bien supérieur à ce qu’une édition classique pourrait rapporter. De plus, cette plate-forme vous permettra d’assurer la promotion de votre « vrai » livre si vous finissez par en éditer un.

Alors, certes, dire à vos amis « j’ai créé un blog » a bien moins de panache que de leur annoncer « je suis édité par Flammarion », mais si vous mettez votre ego de côté, vous constaterez que cette forme de publication présente un réel intérêt et qu’elle vaut bien mieux que de laisser vos œuvres dormir dans un tiroir.

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